My career as a politician
I can't stand being anonymous no more
Ma
carrière de politicien - Je ne supporte plus d'être anonyme
We are finally back on wheels and we are heroes again. When they see us,
kids rush out of their houses screaming. Truck drivers honk at us. Men raise their fists
like at a soccer game. 300 times a day we wave back "Hello! Bonjour!". I feel like a
candidate on campaign and I polish my moves. To the youth, I answer with a thumb up; to
older men, I give a military salute; to excited kids, I wave my hand; to the shy ones, I
calmly extend my arm. 300 times a day. And I don't count all the times I quickly honk or
give a head shake because it's too dangerous to get one hand off the handlebar. 300 times
a day. Multiply it by 365 days a year, that's more than 100,000 people a year waving at
you. Hundreds of "Hello!", hundreds of "Bonjour!" everyday.
We have had some truly unforgettable moments of fame,
amongst those...
- El Oued, Algeria: The kids coming out of the school at the end of
the day made a hallway of several hundred yards in the middle of the road like for the
Tour de France.
- Maradi, Niger: We stopped for gas and by the time the first bike was
filled up, 200 persons from all ages had gathered around us and dozens more were
converging toward the gas station. A policeman came to calmly disperse the crowd and allow
us to continue our trip.
- Maiduguri, Nigeria: An even larger crowd rushed towards us
as soon as we stopped to buy gas at the black market. All were strong men or teenagers. No
kids nor elderly: they would have been crushed under the pressure. Everybody was pushing
to get a chance to touch the bikes. The seller took a water hose and slammed it several
times like a machete to carve his way through to the motorcycles. At no point we felt
threatened but we knew that a single spark, a bad reaction, could have started quite an
explosion - and not just because of the vapors of gas and the scorching hot temperatures.
When we started the engines, the crowd opened in two compact walls and we left amid waves
of yelling male voices.
Celebrity has only one drawback, especially traveling with
a chick: it's that we have to carefully choose the place when we want to take a leak. The
rest of the time, it fills us up with a most welcome energy, particularly during these
moments when minds are tired and bodies ache. All these crowds that cheer us up and hope
we would stop even for 2 minutes don't realize that in fact they give us the strength to
go further on our way. "Hello! Bonjour!"... Hello! Bonjour!"... Fame is sooo good! We
would never trade our bikes for a stupid 4x4.
Enfin, nous retrouvons nos roues et
nous sommes à nouveau des héros. Quand ils nous voient, les gosses se ruent hors de la
maison en hurlant. Les camionneurs klaxonnent. Les hommes dressent le poing comme à un
match de foot. 300 fois par jour nous saluons en retour "Hello! Bonjour!". Je me sens
comme un candidat en campagne et je soigne mes gestes. Aux jeunes, je réponds d'un pouce
levé, aux vieux, je donne un salut militaire; aux gamins excités, je salue de la main; aux
timides, j'étends calmement le bras. 300 fois par jour. Et je ne compte pas toutes les
fois où je klaxonne brièvement ou donne un signe de la tête parce qu'il est trop dangereux
de lever une main du guidon. 300 fois par jour. Multiplie par 365 jours par an, ça fait
plus de 100.000 personnes par an qui te saluent. Des centaines de "Hello!", des centaines
de "Bonjour!" tous les jours.
Nous avons eu quelques inoubliables moments de
gloire, parmi lesquels...
- El Oued en Algérie: Les gosses sortant de l'école à la fin
de la journée nous ont fait une haie d'honneur de plusieurs centaines de mètres au milieu
de la route comme pour le Tour de France.
- Maradi au Niger: Nous nous sommes arrêtés
pour faire le plein et nous en avions à peine fini avec la première moto qu'une troupe de
200 personnes de tous âges s'était rassemblée autour de nous et des dizaines d'autres
convergeaient vers la station-service. Un flic est venu pour disperser la foule dans le
calme et nous permettre de nous extirper.
- Maiduguri au Nigeria: Une foule encore plus
grande s'est précipitée dès que nous nous sommes arrêtés pour acheter de l'essence au
marché-noir. Tous des hommes ou des ados costauds, pas de gosses ni de vieux: ils auraient
été écrasés sous la pression. Tout le monde poussait pour avoir une chance de toucher les
motos. Le vendeur prit un tuyau d'arrosage et l'assena comme une machette pour se tailler
un passage jusqu'aux machines. A aucun moment, nous ne nous sentions menacés mais nous
savions qu'une simple étincelle, une mauvaise réaction, aurait pu donner une sacrée
explosion - et pas uniquement à cause des vapeurs d'essence et de la température d'enfer.
Quand nous avons démarré les moteurs, la foule s'ouvrit en deux murs compacts et nous nous
éloignâmes dans un concert de voix mâles.
La célébrité a un seul inconvénient,
surtout en voyageant avec une nana: il faut choisir avec soin l'endroit où l'on s'arrête
pour pisser. Le reste du temps, ça nous rempli d'une énergie vraiment bienvenue, surtout
dans ces moments où les corps sont meurtris et les esprits fatigués. Toutes ces foules qui
nous célèbrent et espèrent que nous nous arrêterons même 2 minutes ne se rendent pas
compte qu'elles nous donnent la force de pousser plus loin notre chemin. "Hello!
Bonjour!"... "Hello! Bonjour!"... Que c'est bon d'être célèbre! Pour rien au monde, nous
n'échangerions nos bécanes contre un stupide 4x4.