We need some vacation
Thank you, doggie!
Nous avons besoin de
vacances - Merci toutou!
We arrived in Chad thinking
"Let's take the first plane out of here and in a week, we'll be in cooler weather in
Ethiopia; everybody will speak English and the muslim machismo will be behind us" (the
last two things were particularly looked forward by Merritt). Hard luck! Here is a summary
of the last few weeks, you will find all the details in Merritt's Journal:
- Three
weeks to find and board a plane out of N'djamena.
- One week and tons of money to clear
the bikes out of the customs.
- The plane took 8 hours instead of 2 with a 3000 miles
detour through Niamey before landing in Khartoum (it's like boarding in Dallas and
stopping in Mexico City on your way to Montreal). While waiting on the runway, the air
conditioning was turned off in a 110 degrees heat in order to save some kerosene.
-
Khartoum is even hotter than N'djamena (116 degrees).
- We are blocked for 2 days at
the border between Sudan and Ethiopia with cops on both sides yelling at us to go to the
other side.
- The dirt roads in Ethiopia are amongst the most strenuous we had on the
trip. Up-down up-down in loose stones and gravels. We often arrive at night exhausted and
covered with dust (although it's funny to dust off before entering the hotel: we slap
each-other with a rag and it makes big clouds of dust around us).
- Once, we did not
even arrive at destination at night. We camped by the side of the road watched over by a
kind but very weird group of 3 middle-age civilian men carrying AK-47s "for our
safety".
- No salads nor vegetables can be found in remote Ethiopia, just meat.
-
And finally, poor Merritt, Ethiopian men in small towns and cities have even more machismo
than males in arabic countries, and they don't even speak a better English except to pull
some money off you.
Getting into the capital Addis Ababa was quite a relief, and
indeed we spent an entire week just eating and sleeping. The second week, we started to
put together text and pictures for your viewing pleasure and just when we were feeling it
was time to hit the road again, a little bitch offered us two weeks more of vacation in
Addis. The animal was happily crossing one of the busiest avenues and (what was she
thinking?) she got hit by a car almost under Merritt's eyes. Of course - and I promise,
there was nothing that could be done to prevent it - Merritt jumped in the middle of the
traffic to pull the poor little doggie to the sidewalk. That instinctive out-of-the-heart
gesture left them both quite sorry: the doggie because her best luck would have been to
get it by another car and quickly die, but instead she had a long and painful agony; and
Merritt because she got bitten in the process and had to start a 5-shots $1000 rabies
treatment over two weeks. Rabies is one of these diseases where when you start developing
symptoms, it's too late, you're doomed. It was just a tiny bite, the doggie did not seem
rabid at all, Merritt did not want to go to the doctor because she hates shots, but I
could not honestly take the risk of bringing her back to her parents grunting and foaming
at the mouth because she's scared of needles and wanted to save a few bucks.
So...
I push her into a cab and off we go to the Addis Ababa Black Lion General
Hospital. If you have no idea what an Emergency Room looks like in the largest hospital of
one of the poorest countries on the planet, try to imagine a huge field hospital in a war
zone at least 50 years. A mix of "M.A.S.H." and "Johnny got his gun". Stretchers are lined
in the hallway and packed in the waiting room. Some are entirely covered with a dirty bed
sheet and you know by the moaning that the loosely human form underneath is still alive.
Sometimes a limb comes out. A foot was wrapped in bandages big like a basketball but still
dripping blood. Everywhere, it stinks death. Families stare at you somber and silent while
others fight in front of a door to get the doctors' attention. Merritt and I and her
little nick at the finger clearly don't belong here. We leave.
Merritt had an
overflowing compassion towards all the animals and was hurt in her flesh seeing how they
are mistreated. She had a similar feeling towards women, which quickly became
hyper-accentuated since arriving in Africa and translated into an aware reverse-sexism
towards the men who personify the gender politics of this society. In the end, an innocent
little doggie that could carry a deadly disease sent us to visit the bottoms of human
misery where she developed a more universal compassion.
So here we are, still in
Addis after almost 5 weeks. We have been incredibly lazy but we are now finally ready to
go on - drive down the mountains and into the savannah for the second half of Africa.
Safaris and white sand beaches. Yeehaa!
Nous sommes arrivés au Tchad pensant: "Prenons
le premier avion hors d'ici et dans une semaine, nous serons dans un climat plus clément
en Ethiopie, tout le monde parlera anglais et le machisme des pays arabes sera derrière
nous" (les deux derniers trucs étaient particulièrement attendus par Merritt). Cours
toujours! Voici un résumé de ces dernières semaines, vous trouverez tous les détails dans
le Journal de Merritt:
- Trois semaines pour trouver et embarquer un avion hors de
N'djamena.
- Une semaine et un tas d'argent pour faire passer les motos aux
douanes.
- L'avion a mis 8 heures au lieu de 2 avec un détour de 4000 kilomètres par
Niamey avant d'atterrir à Khartoum (c'est comme embarquer à Paris et faire escale à Rabat
pour aller à Oslo). Quand on attendait sur la piste, ils arrêtaient l'air conditionné pour
économiser le kérosène malgré les 40 degrés à l'ombre.
- Il fait encore plus chaud à
Khartoum qu'à N'djamena (47 degrés).
- Nous sommes bloqués 2 jours à la frontière entre
le Soudan et l'Ethiopie avec les flics des deux côtés nous criant d'aller de l'autre
côté.
- Les pistes en Ethiopie sont parmi les plus dures que nous ayons eues pendant le
voyage. Ça monte, ça descend, ça monte, ça descend dans les pierres et les graviers. Nous
arrivons souvent le soir épuisés et couverts de poussière (bien que ça soit rigolo de se
dépoussiérer avant d'entrer dans l'hôtel: nous nous fouettons l'un-l'autre avec un torchon
et ça fait de gros nuages de poussière tout autour).
- Un soir, nous ne sommes même pas
arrivés à destination. Nous avons campé sur le côté de la route sous la garde d'un groupe
bien gentil mais un peu bizarre de 3 hommes d'âge mûr habillés en civil et portant des
Kalachnikovs "pour notre sécurité".
- Il n'y a pas de salades ni de légumes dans les
zones paumées de l'Ethiopie, que de la viande.
- Et finalement, pauvre Merritt, les
Ethiopiens dans les villes sont encore plus machistes que leurs confrères des pays arabes,
et ils ne parlent même pas un meilleur anglais sauf pour te soutirer de
l'argent.
Arriver à la capitale Addis Abeba était un sacré soulagement, et nous
avons passé une semaine entière à manger et dormir. La deuxième semaine, nous avons
commencé a mettre ensemble textes et images pour votre plaisir, et juste quand nous
commencions à sentir qu'il était à nouveau temps de se remettre en route, une petite
chienne nous a offert deux semaines de vacances supplémentaires à Addis. L'animal était
joyeusement en train de traverser l'une des avenues les plus fréquentées et (qu'est-ce
qu'elle croyait?) elle s'est faite rentrer dedans par une voiture presque sous le nez de
Merritt. Bien sûr - et je le promets, il n'y avait rien à faire pour l'empêcher - Merritt
sauta au milieu du trafic pour tirer le pauvre toutou sur le trottoir. Ce geste instinctif
et venant droit du coeur les laissa toutes les deux bien désolées: la chienne parce que
son meilleur espoir aurait été d'être renversée par une autre voiture et mourir
rapidement, mais à la place elle eut une longue et douloureuse agonie; et Merritt parce
qu'elle s'est faite mordre dans l'histoire et a dû commencer un traitement antirabique de
5 piqûres sur 2 semaines qui coûte 1000 dollars. La rage est l'une de ces maladies où si
tu commences à développer les symptômes, c'est trop tard, t'es fichu. C'était juste une
petite morsure, la chienne n'avait pas l'air enragée du tout, Merritt ne voulait pas
aller voir le docteur parce qu'elle a horreur des piqûres, mais honnêtement je ne pouvais
pas prendre le risque de la ramener chez ses parents grognante et la bave aux lèvres parce
qu'elle a peur des aiguilles et voulait économiser quelques tunes. Donc...
Je la
pousse dans un taxi et nous partons vers l'Addis Ababa Black Lion General Hospital. Si
vous n'avez aucune idée de ce à quoi ressemble une salle des urgences dans le plus grand
hôpital de l'un des pays les plus pauvres de la planète, essayez d'imaginer un énorme
hôpital de campagne en zone de guerre il y a au moins 50 ans. Un mélange de "M.A.S.H." et
de "Johnny s'en va-t'en guerre". Les brancards sont alignés le long des couloirs et
entassés dans la salle d'attente. Certains sont entièrement couverts d'un drap sale et on
peut savoir par les gémissements que la vague forme humaine en-dessous est toujours
vivante. Quelquefois, un membre en sort. Un pied était enveloppé dans des bandages gros
comme un ballon de basket mais ça pissait encore le sang. Partout ça pue la mort. Les
familles te regardent sombres et silencieuses alors que d'autres se battent devant une
porte pour avoir l'attention des docteurs. Merritt et moi et son petit bobo au doigt
n'appartenons vraiment pas à cet endroit. Nous partons.
Merritt avait une
compassion débordante envers les animaux et souffrait dans sa chair en voyant comme ils
sont maltraités ici. Elle avait un sentiment similaire envers les femmes, qui s'est
rapidement trouvé hyper-accentué depuis notre arrivée en Afrique et traduit dans un
contre-sexisme conscient envers ceux des hommes qui personnifient la condition des femmes
dans cette société. A la fin, une innocent petit toutou potentiellement porteur d'une
maladie mortelle nous a envoyé visiter les fin-fonds de la misère humaine où elle a
développé une compassion plus universelle.
Donc nous voici toujours à Addis après
presque 5 semaines. Nous avons été incroyablement paresseux mais nous sommes à nouveau
prêts à continuer - descendre des montagnes et rejoindre la savane pour la deuxième moitié
de l'Afrique. Safaris et plages de sable blanc.Youpi!